Le doute n’est plus permis. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 29 octobre à Paris, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a détaillé les déclarations faites en garde à vue par l’auteur présumé de l’attentat du 23 octobre. Selon le magistrat, Kévin Tessier a admis avoir « spécifiquement ciblé des personnes de type musulman ou africain, nord-africain ». Il a également expliqué avoir sélectionné Trappes, commune populaire des Yvelines, parce qu’il la tenait pour « un repaire d’islamistes ».
La religion supposée des victimes figure donc en tête des critères avancés par le suspect lui-même, aux côtés de leur couleur de peau et de leur origine. Le choix du lieu, justifié par une lecture fantasmée de la ville comme foyer de l’islamisme, achève de dessiner le profil d’une attaque pensée contre des musulmans, réels ou supposés.
Le revirement est notable. Lundi 26 octobre, lors d’une première conférence de presse, Olivier Christen indiquait encore que le suspect, « s’il ne conteste pas la matérialité des faits, conteste le caractère raciste de ses crimes ». Trois jours plus tard, ce sont ses propres déclarations qui établissent le mobile.
La religion supposée des victimes figure donc en tête des critères avancés par le suspect lui-même, aux côtés de leur couleur de peau et de leur origine. Le choix du lieu, justifié par une lecture fantasmée de la ville comme foyer de l’islamisme, achève de dessiner le profil d’une attaque pensée contre des musulmans, réels ou supposés.
Le revirement est notable. Lundi 26 octobre, lors d’une première conférence de presse, Olivier Christen indiquait encore que le suspect, « s’il ne conteste pas la matérialité des faits, conteste le caractère raciste de ses crimes ». Trois jours plus tard, ce sont ses propres déclarations qui établissent le mobile.
« Un périple meurtrier particulièrement préparé »
Les faits remontent au vendredi 23 octobre, en matinée. Au volant de sa voiture, l'assaillant, qui vit à Plaisir, ouvre le feu au pistolet-mitrailleur sur un parcours d’une douzaine de kilomètres, de Trappes jusqu’à La Verrière. Le procureur a recensé « huit scènes de crime » et décrit « un périple meurtrier particulièrement préparé ». Au total, 128 munitions ont été tirées en moins de vingt minutes, selon le parquet.
À la station Esso du boulevard Martin-Luther-King, le tireur descend de son véhicule et, selon le procureur, « tirait sur un autre véhicule ainsi que sur des personnes » présentes aux abords, avant de blesser grièvement un homme à l’entrée de la boutique. C’est sur la troisième scène de crime que Pengo Bossio Wangi, Français de 26 ans et espoir du MMA, est tué. Sept autres personnes sont blessées, dont une fillette de 12 ans.
Kévin Tessier est interpellé à 10h20 à Coignières, au volant de sa voiture. Dans son véhicule, les enquêteurs découvrent un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 mm, des chargeurs, un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police. Son appartement avait, lui, été piégé en prévision d’une intervention des forces de l’ordre, avec un dispositif « de nature à détruire l’appartement », selon Olivier Christen.
Ce jeudi, le procureur a indiqué que trois des quatre blessés graves restaient hospitalisés, et que le pronostic vital de l’un d’eux était toujours engagé.
À la station Esso du boulevard Martin-Luther-King, le tireur descend de son véhicule et, selon le procureur, « tirait sur un autre véhicule ainsi que sur des personnes » présentes aux abords, avant de blesser grièvement un homme à l’entrée de la boutique. C’est sur la troisième scène de crime que Pengo Bossio Wangi, Français de 26 ans et espoir du MMA, est tué. Sept autres personnes sont blessées, dont une fillette de 12 ans.
Kévin Tessier est interpellé à 10h20 à Coignières, au volant de sa voiture. Dans son véhicule, les enquêteurs découvrent un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 mm, des chargeurs, un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police. Son appartement avait, lui, été piégé en prévision d’une intervention des forces de l’ordre, avec un dispositif « de nature à détruire l’appartement », selon Olivier Christen.
Ce jeudi, le procureur a indiqué que trois des quatre blessés graves restaient hospitalisés, et que le pronostic vital de l’un d’eux était toujours engagé.
Mis en examen par un juge antiterroriste
En garde à vue, le suspect a reconnu la préméditation et le fait d’avoir tiré en rafale. Le procureur a souligné une « très grande préparation de l’action criminelle » : dès le 3 septembre, Kévin Tessier s’était procuré des éléments destinés à renforcer l’efficacité de son arme, ainsi qu’un brassard de police et des menottes. La perquisition de son domicile a permis de découvrir des armes, un exemplaire de Mein Kampf et des autocollants nationalistes.
« Il contestait en revanche toute intention terroriste », a précisé Olivier Christen, le suspect présentant son geste comme « légitime ». Les examens psychiatriques réalisés pendant la garde à vue n’ont pas relevé de trouble justifiant une hospitalisation.
Transféré dans la nuit de mercredi à jeudi au tribunal judiciaire de Paris, Kévin Tessier a été mis en examen jeudi par un juge antiterroriste, a annoncé le Parquet national antiterroriste (Pnat). L’enquête a été ouverte notamment pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec l’entreprise terroriste, commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée » ; le procureur a rappelé que cette circonstance aggravante avait déjà été retenue en matière terroriste dans l’affaire Mohamed Merah, à Toulouse, en 2012. Le Pnat a requis le placement du suspect en détention provisoire, sur lequel doit désormais se prononcer un juge des libertés et de la détention.
« Il contestait en revanche toute intention terroriste », a précisé Olivier Christen, le suspect présentant son geste comme « légitime ». Les examens psychiatriques réalisés pendant la garde à vue n’ont pas relevé de trouble justifiant une hospitalisation.
Transféré dans la nuit de mercredi à jeudi au tribunal judiciaire de Paris, Kévin Tessier a été mis en examen jeudi par un juge antiterroriste, a annoncé le Parquet national antiterroriste (Pnat). L’enquête a été ouverte notamment pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec l’entreprise terroriste, commis en raison de l’appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée » ; le procureur a rappelé que cette circonstance aggravante avait déjà été retenue en matière terroriste dans l’affaire Mohamed Merah, à Toulouse, en 2012. Le Pnat a requis le placement du suspect en détention provisoire, sur lequel doit désormais se prononcer un juge des libertés et de la détention.
Une dimension raciste et islamophobe qui « ne saurait être minimisée »
Pour l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (ADDAM), ces révélations viennent confirmer ce que l’association redoutait depuis le premier jour. Dans un communiqué parvenu à la rédaction jeudi 29 octobre, elle estime que les déclarations du procureur « confirment la gravité des alertes lancées par ADDAM dès les premières heures de l’attentat meurtrier de Trappes et La Verrière ».
« La dimension raciste et antimusulmane de cette attaque ressort désormais explicitement des déclarations rapportées par le parquet national antiterroriste », poursuit l'ADDAM. « Elle ne saurait être minimisée, relativisée ou occultée. Il appartient à la justice d’en établir l’ensemble des circonstances et des responsabilités. »
L’association rappelle avoir, dès le 23 octobre, « en lien avec les responsables musulmans locaux et le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY) », saisi le cabinet du ministre de l’Intérieur « pour demander des mesures immédiates de vigilance et de sécurisation des lieux de culte, dans les Yvelines et plus largement au niveau national ». Et d’ajouter : « Les révélations de ce jour démontrent combien ces demandes étaient fondées et nécessaires. »
« L’urgence demeure », insiste l’ADDAM, qui renouvelle « avec la plus grande fermeté » sa demande de « patrouilles policières et de gendarmerie renforcées et visibles aux abords des mosquées, particulièrement lors des prières du vendredi et des rassemblements importants ». Elle réclame également « une mobilisation coordonnée entre préfets et responsables locaux du culte » et « une accélération des dispositifs de sécurisation des sites cultuels ».
« La dimension raciste et antimusulmane de cette attaque ressort désormais explicitement des déclarations rapportées par le parquet national antiterroriste », poursuit l'ADDAM. « Elle ne saurait être minimisée, relativisée ou occultée. Il appartient à la justice d’en établir l’ensemble des circonstances et des responsabilités. »
L’association rappelle avoir, dès le 23 octobre, « en lien avec les responsables musulmans locaux et le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY) », saisi le cabinet du ministre de l’Intérieur « pour demander des mesures immédiates de vigilance et de sécurisation des lieux de culte, dans les Yvelines et plus largement au niveau national ». Et d’ajouter : « Les révélations de ce jour démontrent combien ces demandes étaient fondées et nécessaires. »
« L’urgence demeure », insiste l’ADDAM, qui renouvelle « avec la plus grande fermeté » sa demande de « patrouilles policières et de gendarmerie renforcées et visibles aux abords des mosquées, particulièrement lors des prières du vendredi et des rassemblements importants ». Elle réclame également « une mobilisation coordonnée entre préfets et responsables locaux du culte » et « une accélération des dispositifs de sécurisation des sites cultuels ».
« Les mots ont des conséquences »
L’association s’inquiète d’« un climat de haine et d’intimidation qui s’aggrave ». « Depuis l’attentat, les nombreux commentaires racistes et antimusulmans diffusés en ligne alimentent un climat d’anxiété et d’insécurité grandissant et légitime », écrit-elle. Elle cite les menaces islamophobes lancées contre la mosquée de Lodève, dans l’Hérault. Des actes qui, selon elle, « ne peuvent être considérés comme de simples provocations dans le contexte actuel ».
« Pour les Français de confession musulmane, la peur de devenir une cible en raison de sa foi, de son apparence ou de son origine supposée est aujourd’hui une réalité qu’il faut entendre et prendre au sérieux », souligne l’ADDAM, qui dit alerter « depuis des mois sur la banalisation des discours racistes et antimusulmans ». « Les mots ont des conséquences, martèle le communiqué. La répétition de discours désignant les musulmans comme une menace collective contribue à installer un climat de stigmatisation dont les effets ne peuvent être ignorés. »
Pour l’association, « la République ne peut se limiter à condamner la haine après qu’elle ait frappé ». « Elle doit aussi prévenir les violences, protéger les personnes et les lieux de culte menacés et combattre les mécanismes qui nourrissent les passages à l’acte. »
L’ADDAM appelle ainsi les pouvoirs publics, les responsables politiques, les médias et les plateformes numériques « à prendre pleinement la mesure de cette responsabilité ». Son exigence, conclut-elle : que la haine antimusulmane comme toutes les formes de racisme soient « nommées, combattues et prévenues avec fermeté et détermination ».
« Pour les Français de confession musulmane, la peur de devenir une cible en raison de sa foi, de son apparence ou de son origine supposée est aujourd’hui une réalité qu’il faut entendre et prendre au sérieux », souligne l’ADDAM, qui dit alerter « depuis des mois sur la banalisation des discours racistes et antimusulmans ». « Les mots ont des conséquences, martèle le communiqué. La répétition de discours désignant les musulmans comme une menace collective contribue à installer un climat de stigmatisation dont les effets ne peuvent être ignorés. »
Pour l’association, « la République ne peut se limiter à condamner la haine après qu’elle ait frappé ». « Elle doit aussi prévenir les violences, protéger les personnes et les lieux de culte menacés et combattre les mécanismes qui nourrissent les passages à l’acte. »
L’ADDAM appelle ainsi les pouvoirs publics, les responsables politiques, les médias et les plateformes numériques « à prendre pleinement la mesure de cette responsabilité ». Son exigence, conclut-elle : que la haine antimusulmane comme toutes les formes de racisme soient « nommées, combattues et prévenues avec fermeté et détermination ».
Un grand rassemblement à Trappes
Une semaine jour pour jour après l’attaque, Trappes entend faire front. À l’appel du maire, Ali Rabeh, un rassemblement contre le racisme et l’islamophobie se tiendra vendredi 30 octobre à 18h, place des Merisiers. Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour ce moment important.
L’appel a été relayé bien au-delà des Yvelines : la LDH et plusieurs syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) invitent à rejoindre ce rassemblement citoyen, tandis que des communes comme Romainville, en Seine-Saint-Denis, affrètent des cars pour permettre à leurs habitants de s’y rendre. Plus tôt dans l’après-midi, à 16h, La Verrière rendra elle aussi hommage aux victimes devant son hôtel de ville.
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